Arnaud Zohou la Rotonde Évaluation de Science Animation Midi-Pyrénées

14 avril, 2015 avril 14, 2015

Zohou

Mon regard sur l’évaluation 

La démarche est intéressante dans la mesure où elle permet de se poser, pour regarder ce que l’on fait. La double approche (interne et externe) est également pertinente. De manière plus générale, sur la question de l’évaluation elle-même, appliquée à des actions culturelles, je reste plus circonspect quant aux modalités et aux objectifs. Suivant l’idée que « le résultat de la culture ne soit pas être la culture du résultat », j’estime qu’on ne peut pas évaluer les actions culturelles de la même manière que celles menées au sein d’une entreprise par exemple. En particulier sur la question de la durée : on peut regretter, mais c’est le jeu du Programme d’Investissements d’avenir, une forme de court-termisme et de tyrannie du chiffre, alors que les actions de culture – conçue comme un pari sur l’avenir – ne peuvent à mon avis être évaluer qu’à long terme. Les critères d’évaluation mis en place par Inmédiats, aussi qualitatifs, essaient toutefois d’éviter cet écueil, tout en répondant à

l’injonction du politique.

Mon regard sur Inmédiats 

L’une des grandes réussites d’Inmédiats, c’est la dynamique générée entre les six centres. Je ne m’attendais pas à autant de relationnel, d’échanges, de discussions entre les équipes. Même si cela s’est fait par « obligation » au départ, le projet a conduit les gens à se mettre en jeu et en question, et à évoluer. Cette « mutation » des équipes m’a vraiment plu.

Concernant les projets, ils sont la plupart du temps très captivants. Ce qui est le minimum attendu à partir du moment où l’on réunit beaucoup d’argent et des gens de qualité pour les mener. Ce qui m’a posé le plus de questions, c’est donc moins les projets dont la qualité est indéniable, que la façon « malvoyante » dont certains concepts sur lesquels ils s’appuient. L’idée de « communauté » par exemple, très souvent utilisée dans les projets (communauté numérique, d’intérêt, etc…) ; mais à aucun moment n’est pensé ce qu’est une communauté, et en quoi l’utilisation de ce concept a des conséquences sur l’action menée à partir de cette base. De même la notion de « société de connaissance » (vocabulaire qui vient des textes européens) souvent utilisée comme une notion acquise, qui ne pose pas question. Le problème, c’est que derrière, il y a de vrais enjeux.

Le numérique, c’est un outil. Ce qui est important pour moi en tant que responsable d’une structure de CSTI, c’est la médiation qui l’accompagne : que peut-elle nous apprendre au regard de notre rôle dans la société ? La question de l’innovation sociale est centrale. Celle de l’innovation technologique est périphérique.

  • Laurent Chicoineau

    En effet, le vocabulaire employé peut poser question.. au-delà du terme « communauté », c’est aux outils et pratiques issus du marketing que nous nous sommes attachés, dans le cadre d’Inmédiats, pour les détourner et les explorer non pas au bénéfice de la vente de produits ou de services, mais de la diffusion des connaissances et du partage des savoirs. Le terme « communauté » fait référence au marketing des réseaux sociaux sur le web ; nous avons conscience qu’il est troublant du point de vue de la culture française, car il peut être interprété comme l’inverse du « grand public », c’est-à-dire avec une notion d’entre-soi, voire d’enfermement. Ce n’est évidemment pas notre intention. Faisant le constat que les jeunes – public cible d’Inmédiats – maîtrisent et usent des codes de cette culture qu’on pourrait qualifier « de la consommation », nous tentons d’exploiter ses ressorts pour une culture « des connaissances partagées »‘… il s’agit d’une stratégie de médiation différente de celle de l’enseignement scolaire par exemple, ou même de l’éducation artistique. Merci en tous les cas, Arnaud, pour ton regard toujours pertinent et bienveillant :)

A propos des Evaluation

Les Evaluation inmédiats