Et si vous aviez un robot dans votre vie ?

30 janvier, 2014 janvier 30, 2014

Le hackathon interdisciplinaire Nao s’est déroulé au Carrefour numérique² de la cité des sciences à Paris durant 3 jours, pendant la fête de la science, du 11 au 13 octobre 2013. Ils ont entre 18 et 25 ans et ont imaginé et testé des scénarios d’usage pour le robot humanoïde Nao autour de la question : « et si vous aviez un robot dans votre vie ? »

Et si vous aviez un robot dans votre vie ?

La vaisselle, les devoirs, des gâteaux, jouer, aider les personnes âgées…, que ferait un jeune de 18/25 ans s’il avait un robot dans sa vie ? C’est à cette question que le public a été invité à répondre lors de la Fête de la science, mi-octobre, le temps d’un hackathon de 36 heures organisé par le Carrefour numérique² avec le soutien d’Aldebaran Robotics. Le temps d’un week end, cinq équipes interdisciplinaires composées de jeunes de 18 à 25 ans ont développé des scénarios d’usage autour du robot Nao. Pendant que ces équipes concevaient leur projet, les passant·e·s pouvaient écrire au mur mais aussi sur Twitter leurs suggestions ou impressions et échanger avec les équipes. Ce premier hackathon s’inscrivait dans la démarche living lab inmediats du Carrefour numérique², qui propose à des entreprises de concevoir avec le public de nouveaux usages, dans une démarche ouverte.

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Créée en 2005, Aldebaran Robotics est connue pour son petit robot humanoïde Nao. Il est surtout utilisé dans un cadre pédagogique, pour apprendre la programmation, une version plus coûteuse et évoluée des LEGO Mindstorm. Il est aussi utilisé dans les laboratoires de recherche, par exemple pour interagir avec les enfants autistes. L’entreprise souhaite à l’avenir se positionner sur le prometteur marché de la robotique personnelle, estimé à 8 milliards de dollars en 2015, avec l’espoir de générer enfin des bénéfices.

Développer la communauté

Le but du hackathon n’était pas de faire naître des concepts révolutionnaires que d’inciter des jeunes à travailler dans la robotique. La France est un des pays les plus avancés dans la recherche en intelligence artificielle, mais « nous manquons d’ingénieurs et de techniciens, en particulier des femmes » indique Astrid Desjobert, responsable marketing. On espère que certains participants intégreront une communauté de développeur. Les Hackathoniens ne devaient pas développer un concept fini mais séduisant utile et interactif , dans la limite des capacités de Nao et du contexte : Son ordinateur est aussi évolué qu’un smartphone de dernière génération, précise Philippe, de Génération Robots, une société qui forme les clients d’Aldebaran, un des coaches des équipes. Les participant·e·s ont découvert sur place la bête, ses contraintes et ses possibilités.

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Les résultats

Le public a découvert le dimanche en fin de journée les réalisations. Les applaudissements nourris en dépit des bugs traduisent la fascination que les robots exercent sur l’homme et la reconnaissance pour le travail fourni en si peu de temps, au prix de quelques cernes et de beaucoup de boissons caféinées.

L’équipe Robeez a présenté son robot-majordome, portant fièrement gilet noir et moustache de cuivre. On est des feignants, on voulait donc un domestique, plaisante Rudy, le rapporteur. Il a été programmé pour inscrire des événements dans l’agenda d’une famille et promener un cochon (en plastique). Enfin en théorie, car le logiciel de reconnaissance vocale nécessite du calme, ce qui n’est pas facile devant une troupe d’enfants, du coup, le serviteur est un peu dur d’oreille. Et sa démarche est chancelante car il n’aime pas trop la moquette.

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L’équipe de la Nao Hack Team s’est orientée vers l’humour : Daniel fait des plaisanteries et en apprend, là aussi si le logiciel de reconnaissance vocale est d’accord. Mais ces bugs à répétition constituent en eux-mêmes un gimmick comique qui amuse bien le public. Un des spectateurs interroge sur la licence du code développé durant le hackathon.

Le code n’appartient pas à Aldebaran, précise Laurence Battais, en charge du Living Lab, nous avons incité à documenter pour encourager à l’innovation et au choix d’une licence libre Pour nous, ce sera licence libre, précise l’équipe. En revanche, le règlement stipule que les participants et participantes concèdent à Universcience et ses partenaires une licence d’exploitation des droits de propriété intellectuelle sur les travaux produits lors du hackathon dans le cadre de manifestations culturelles ou de promotion de la culture scientifique et technique.

Ludique, éthique, pratique

Les membres de l’équipe NⒶo Future ont souhaité non pas développer une application mais faire une expérimentation sociale pour s’interroger sur ce qu’est un robot humanoïde, être dans sa tête, se poser des questions éthiques. Nao, rebaptisé John, réagit mais pas comme un bon robot : il fait la tête, donne des claques. Un site a également été développé pour montrer la personnalité de ce robot qui se pose des questions existentielles et ressent des émotions. Sur sa table de chevet, on trouve Ecce homo ou bien encore Humain, trop humain du philosophe Friedrich Nietzsche.

Ils ont tous lu Asimov, ils poseront des limites automatiquement, estime Fabien Ruggieri, chercheur du laboratoire LUTIN UserLab. Le célèbre écrivain de science-fiction a codifié dans ses écrits les trois lois de la robotique, qu’il est nécessaire de respecter pour éviter des dérives éthiques.

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Le programme conçu par Alfa V fait une petite entorse à la morale, très humaine : il triche aux cartes, comme un vrai compagnon de jeu. L’équipe n’a eu aucun mal à trouver un participant pour le tester : les petits menottes se sont levées d’un coup. Mais pour se livrer à de subtils tours de passe-passe avec les cartes, c’est plus compliqué : les mains de Nao ne sont pas prévues pour saisir des objets plats et on a bien galéré juste pour qu’il s’empare des cartes, précise le rapporteur.

L’expérience ludique a aussi motivé la dernière équipe : le Nao de Sparkle joue les maîtres du jeu. L’équipe a imaginé un scénario autour du hackathon : un Nao est retrouvé débranché, ses batteries à plat. Qui a bien pu le tuer ? Les membres ont scénarisé dix heures de jeu, selon le principe d’un Cluedo. Les nombreux accessoires ont été réalisés sur place, dans le fab lab. Pour ne pas frustrer le public, on est allé très vite à la phase « solution ». John, le Nao qui se pose des questions, est le coupable : il voulait savoir si un robot peut vivre sans batteries.

Malgré les divers aléas, les participants ont exprimé leur satisfaction de jouer, le temps d’un week-end, avec ce jouet qu’ils aimeraient bien trouver au pied du sapin. Et l’équipe du Carrefour numérique² a soufflé dimanche soir, satisfaite de ce premier hackathon. Avec un seul gros regret : mais pourquoi n’existe-t-il encore pas de robots pour ranger les tables et aller acheter l’apéritif ?

Retrouvez la documentation des projets sur le wiki du Carrefour numérique².

Cet article est issu du blog  animé par l’équipe du Carrefour numérique². Auteur : Sabine Blanc. Licence Creative Commons Attribution

 

A propos des Living Lab

Expérimenter les technologies

Les living lab sont des espaces fixes ou itinérants offrant de nouveaux services pour imaginer de nouveaux dialogues entre les sciences, la médiation et les publics. Conçus par des ingénieurs, des chercheurs, artistes ou designers, ces technologies émergentes « grandeur nature » sont expérimentées et évaluées par les utilisateurs finaux pour en interroger leur portée sociale, culturelle ou environnementale. Cette démarche vise à impliquer le public dès le début de la conception de produits ou de méthodes et à le rendre acteur dans l’amélioration et le développement de ces services.

Les Living Lab inmédiats

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