Que se trame-t-il aux Samedis robots ?

05 mai, 2015 mai 5, 2015

Le troisième samedi de chaque mois, dès 14 heures, des personnes intéressées par la robotique mais qui ne se connaissent pas encore s’installent autour d’un grande table. Chacun·e se présente et parle de ce qui motive sa venue. Les tables sont ensuite déplacées, des petits groupes d’intérêt sont constitués, les robots sortent de leurs valises, les ordinateurs s’allument… C’est le Ça me dit Samedi robots, le nouveau rendez-vous régulier du Carrefour Numérique².

Que se trame-t-il aux Samedis robots ?

Ce samedi 31 mars 2015, pendant qu’un premier groupe se réunissait autour d’Ahmed, venu avec son robot fait maison à base d’Arduino, un autre groupe se penchait sur des ergo-robots. Après avoir assemblé les moteurs aux précédents rendez-vous, le but était cette fois de monter en compétences en créant une chorégraphie du bras. D’autres, plutôt motivé·e·s pour tester Nao, se lançaient sur leurs premiers programmes en utilisant le logiciel Choregraphe.

Pourquoi ce Samedi robots, pourquoi venir ? Regards croisés.

David, responsable du Fab Lab, pense que la robotique peut être un bon moyen de s’intéresser aussi bien à la technique qu’à la programmation, au travers de projets tangibles et amusants. Ça permet d’avoir une action physique en utilisant des éléments numériques avec la programmation de moteurs et capteurs. C’est plus parlant que d’afficher un « Hello world » à l’écran.

L’autre objectif de ce rendez-vous, selon lui, est d’agréger et constituer une communauté d’enthousiastes autour de la robotique, quelque soit leurs profils. Mais il tient à souligner que ce rendez-vous n’est pas réservé à une élite technophile ou avec un bagage technique important.

Pas de pot, la première personne que j’interroge est Fabrice, ingénieur d’une cinquantaine d’années, qui s’y connaît  bien en robotique et qui fait donc parti de « l’élite technophile ». Il a eu connaissance du Samedi robots alors qu’il rejoignait son fils qui travaille sur un projet de fusée dans une autre salle du Carrefour Numérique². Ce n’est donc pas vraiment un hasard, s’il a été attiré par l’événement.

Cependant, Fabrice a bien perçu cette ouverture aux néophytes tant recherchée par David : Concrètement, je n’ai rien appris aujourd’hui car c’est mon domaine, mais j’ai découvert un robot, Nao, j’ai pu le voir et le tester. Ce rendez-vous permet de toucher du doigt une innovation. Pour un ingénieur, être là c’est un bol d’air frais, c’est aussi apprendre à se taire, à laisser les gens apprendre en se plantant. Il faut savoir prendre sur soi. Je me suis mis dans une posture d’aide sur les ergo-robots : sur la partie initialisation du bras, qui se faisait de manière empirique, j’ai suggéré pour résoudre le problème une approche mathématique. Il trouve que le Samedi robots va dans le sens de la diffusion de la technologie qui passe mal par le système scolaire. Ici on est actif :
– Je veux voir ce qu’est un robot.
– Tiens en voilà un, manipule, même mal mais manipule.

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Je suis ravie de son témoignage, car de mon côté, mon souhait en travaillant sur la mise en place de ce nouveau rendez-vous, est aussi de faire venir des professionnel·le·s issu·e·s du monde de l’entreprise et de la recherche, qui travaillent dans le milieu de la robotique ou qui s’intéressent à leurs applications dans le domaine de l’éducation, de la culture, du droit… Bref, à décloisonner et sortir du cliché « les créateur·trice·s d’un côté, les utilisateur·trice·s de l’autre » : j’aimerais que ce rendez-vous ait un côté place publique. Pour les premiers, j’ai donc proposé à Aldebaran Robotics, inventeur du robot humamoïde Nao, d’y participer. Deux des développeurs, Salah puis Mathieu, sont donc venus pour accompagner celles et ceux qui le voulaient à programmer Nao.

Izar et Juliette (qui croquera pendant ce rendez-vous), deux étudiantes en web design et arts graphiques, sont venues ensemble car c’est plus sympa de partager à deux. Juliette souligne le côté main à la pâte, déjà identifié par Fabrice : J’aime le côté atelier, qu’il n’y ait pas de hiérarchie. On se sent à sa place même si on s’y connaît moins. Aujourd’hui, on a fait parler, bouger le robot. Le logiciel Choregraphe est facile à utiliser et le robot Nao est attachant.

Le Samedi robot pour elle c’est la confrontation de la technique avec mon intérêt pour le design. Ça ouvre des horizons. On a de nouveaux outils, donc ça donne des idées. Se confronter à d’autres corps de métiers, ça peut fusionner et donner des choses… en mieux. Izar complète en indiquant que la prochaine fois, pour pleinement en profiter, elle viendra avec un projet en tête sur lequel travailler.

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Et si l’usage de la robotique était en train de s’ouvrir, se démystifier ?

Jérémy travaille pour la bibliothèque de la Canopée, au sein du réseau de la Ville de Paris, dans le cadre de la concrétisation d’un projet d’établissement qui ouvrira fin 2015. Le philosophie DIY (Do It Yourself) et la mise à disposition des outils et matériels associés, ainsi que l’apprentissage du code pour tou·te·s est au cœur de ce projet. Il envisage d’utiliser des kits de robotique Lego Mindstorm pour proposer des activités favorisant les échanges entre générations. S’il n’a pas pu toucher ces kits ce jour-là, faute de piles LR6 en réserve, il envisage de revenir avec des collègues.

Jérémy porte un regard spécifique à son métier de médiateur : L’ambiance est agréable et très appréciable. Je me suis beaucoup amusé et la fourchette d’âge des participants a été une bonne surprise, tout comme la variété des profils. La capacité d’adaptation et la disponibilité de l’équipe qui anime le Samedi robots est aussi un point fort à souligner, car cela créé un cadre moins strict mais avec des fils conducteurs respectés. Le mélange des gens et des âges est vraiment une très bonne chose.

Hé oui, au Samedi robots, on trouve des filles comme des garçons, des plus jeunes comme des plus vieux ! Thais par exemple, est en quatrième et habite à Sceaux. Elle est venue accompagnée de son père qui s’intéresse à la robotique, ce qui d’après elle l’a peut-être influencée :
Comme j’ai bien aimé la première fois, c’est la troisième que je reviens au Samedi robots. Avant de venir ici je n’avais jamais touché à un robot. J’aime dans la robotique ce qui est direct, pas trop compliqué. Python c’est trop compliqué. Je trouve cela bien car il y en a pour tous les goûts, du montage de robot, de la programmation avec Nao… et on rencontre des personnes.

Lina, âgée de 10 ans, a quant à elle réalisé sa première programmation du robot Nao : J’étais passée pendant le hackathon Nao, j’avais vu les équipes et leurs résultats mais je n’avais pas eu l’occasion de tester le robot. Après le hackathon, quand je suis rentrée chez moi, j’ai fait des recherches sur le robot car je l’ai trouvé rigolo. J’aimerai en avoir un chez moi pour le programmer car j’ai deux frères et pas de petite sœur. Je le programmerai en petite sœur.

Lina soulève par son témoignage un enjeu sociétal troublant sur la responsabilité que nous, adultes et établissements culturels, avons et aurons en utilisant des robots… si cette approche éthique vous intéresse, le Samedi robot peut aussi être l’occasion d’en discuter, car de mon côté ce sujet me passionne ;)

 

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